mardi 4 décembre 2012

Le Cousin


L’algérien a pour définition un cousin qui est une référence en termes d’exploits. Ce lien persiste même si ses parents sont enfants uniques. Dans ce cas précis, il rajoute l’adjectif « germain » pour le noyer dans un lien de parenté assez flou et fait suivre cette intrusion dans la discussion par la description d’un événement hors du commun pour que l’interlocuteur ne pose pas la question : « c’est qui ton cousin ? ». Ce cousin est selon le contexte de la discussion : guitariste, directeur des impôts, importateur de clous de girofle, bras droit du gardien de l’immeuble, conseiller du président d’une agence de tourisme inconnue, Co pilote, policier, gendarme, gendre du colonel ,barman à l’aéroport, chef du président des douaniers, simple bagagiste, taxieur, grand propriétaire terrien, propriétaire d’un cyber café … etc.
Mais si après évaluation du contexte il s’avère que l’introduction du cousin dans la hiérarchie en question est impossible, il utilise le verbe connaître. En gros, son cousin connaît Superman.
Ce cousin sert d’alibi lorsqu’il n’y a pas d’issue de secours. Il revient souvent lorsque l’interlocuteur a des aptitudes artistiques ou bien semble avoir réussi dans la vie. Concrètement, si vous dites à un algérien que vous avez trouvé un poste au ministère de la justice, il vous dira, mon cousin connaît  le procureur. Si vous lui dite que dans votre temps libre vous faites de l’aquarelle, il vous dira que son cousin travaille dans une galerie d’art et qu’il  y vend ses propres tableaux.
Je suis allé à la poste pour envoyer un courrier très important. A mon arrivée, je me suis mis derrière une file d’attente à faire très peur aux moines bouddhistes. J’ai entamé une discussion avec un algérien sur le concept de l’attente en Algérie.  J’ai finit par lui dire qu’il m’arrive de faire de la méditation transcendantale le dimanche matin . Notre discussion a été conclut par le fait que son cousin était en stage au Tibet et qu’il était très ami avec le Dalaïlama. Ironie du sort, son cousin est mon ami d’enfance et nous avions pris un café la veille. Il me dit que c’était son frère jumeau et j’ai insisté sur le mot enfance dans « ami d’enfance ». Il me dit que ce n’était pas vraiment son jumeau dans le sens classique du terme mais qu’il avait suivi un programme de clonage et que la personne avec laquelle j’ai déjeuné était son clone.
J’ai décidé de ne plus poser de questions sur les cousins des Algériens.
Au fait, cette histoire a été écrite par mon cousin.

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