L’algérien a pour définition un cousin qui est une référence
en termes d’exploits. Ce lien persiste même si ses parents sont enfants
uniques. Dans ce cas précis, il rajoute l’adjectif « germain » pour
le noyer dans un lien de parenté assez flou et fait suivre cette intrusion dans
la discussion par la description d’un événement hors du commun pour que l’interlocuteur
ne pose pas la question : « c’est qui ton cousin ? ».
Ce cousin est selon le contexte de la discussion : guitariste,
directeur des impôts, importateur de clous de girofle, bras droit du gardien de
l’immeuble, conseiller du président d’une agence de tourisme inconnue, Co
pilote, policier, gendarme, gendre du colonel ,barman à l’aéroport, chef du
président des douaniers, simple bagagiste, taxieur, grand propriétaire terrien,
propriétaire d’un cyber café … etc.
Mais si après évaluation du contexte il s’avère que l’introduction
du cousin dans la hiérarchie en question est impossible, il utilise le verbe
connaître. En gros, son cousin connaît Superman.
Ce cousin sert d’alibi lorsqu’il n’y a pas d’issue de
secours. Il revient souvent lorsque l’interlocuteur a des aptitudes artistiques
ou bien semble avoir réussi dans la vie. Concrètement, si vous dites à un algérien
que vous avez trouvé un poste au ministère de la justice, il vous dira, mon
cousin connaît le procureur. Si vous lui
dite que dans votre temps libre vous faites de l’aquarelle, il vous dira que
son cousin travaille dans une galerie d’art et qu’il y vend ses propres tableaux.
Je suis allé à la poste pour envoyer un courrier très important.
A mon arrivée, je me suis mis derrière une file d’attente à faire très peur aux
moines bouddhistes. J’ai entamé une discussion avec un algérien sur le concept de l’attente en Algérie. J’ai
finit par lui dire qu’il m’arrive de faire de la méditation transcendantale le
dimanche matin . Notre discussion a été conclut par le fait que son cousin
était en stage au Tibet et qu’il était très ami avec le Dalaïlama. Ironie du
sort, son cousin est mon ami d’enfance et nous avions pris un café la veille.
Il me dit que c’était son frère jumeau et j’ai insisté sur le mot enfance dans « ami
d’enfance ». Il me dit que ce n’était pas vraiment son jumeau dans le sens
classique du terme mais qu’il avait suivi un programme de clonage et que la
personne avec laquelle j’ai déjeuné était son clone.
J’ai décidé de ne plus poser de questions sur les cousins
des Algériens.
Au fait, cette histoire a été écrite par mon cousin.
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